A 5000 km de Jerome

19 01 2009
Catégorie : A découvrir
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Ayant quelques liens familiaux au Québec et ayant passé moi-même quelques mois à Montréal, je suis toujours assez attentive à ce qui se passe dans la belle province au niveau culturel. Il y a quelques jours je suis tombée un peu par hasard sur le site promotionnel du film 100%  web, non diffusé en salles obscures « A 5000 km de Jerome ». Le financement du film est pour nous, français, est quelque peu inhabituel…

En France, dans le domaine culturel il est d’usage de ne pas parler financement. D’ailleurs on ne dit pas « sponsors » pour du culturel mais « mécènes ». On donne de l’argent à un artiste ou un musée pour promouvoir les arts et les lettres. Le mécène soutient, le sponsor investit. La plupart du temps, les mécènes sont de grandes entreprises (Total principal mécène du Louvre, Vinci pour le Château de Versailles). Bien entendu, le mécène soutient le monde de la culture, la solidarité ou l’environnement : cela sert également son image sans oublier qu’il peut défiscaliser une partie ou de la totalité des dons.

Pour vous donner une idée des actions de mécénat, en 2008, les dons ont été évalués à 2,5 milliards d’euros. Soit 44% des contributions financières du ministère de la Culture.

Le mécénat n’est pas le seul à promouvoir la culture cinématographique, de nombreux films ou documentaires reçoivent le soutient financier du Centre National de la Cinématographie (accordés par le Ministère de La Culture).

J’en viens maintenant à notre film « A 5000 km de Jerome ». 

Pour la petite histoire, je  regardais il y a quelques jours si l’autre stefie ne faisait pas quelques scènes au printemps ou l’été, histoire de doublement profiter de notre prochain séjour à Montréal et voir cet électroshock sur scène. Sur le site officiel, pas de concernet mais une nouvelle comme quoi Monsieur Shock jouerait dans un film de la route et en ferait la bande originale. Ayant bien élevée par Bart, quand je vois un lien, je clique.

Et la je tombe sur un projet, qui pour une française ayant travaillé quelques mois dans le milieu de l’art contemporain, a une démarche de financement assez inédite. C’est un appel à souscription, soit de la prévente. Certes, mes amis de Chair Chant Corps (toujours aussi talentueux par ailleurs) avaient en parti pu financer la réalisation de leur DVD Live par ce biais ; mais pour un film, je n’avais encore entendu du parler d’une telle démarche.
Autre démarche mercatique intéressante : le film ne sera pas diffusé en salles mais uniquement sur support numérique : soit par téléchargement direct (sans limitation de visionnage), soit sur support DVD. Les personnes qui achèteront le DVD ($CA 14,95) téléchargement internet HD ($CA 9,95) en prévente épargnent 25% sur le prix d’achat : ils seront vendus plus chers lors de la sortie du film. Enfin, grand classique de sortie de « produit », un jeux-concours est organisé pour gagner un voyage en Arizona. 

Autre point intéressant : les acteurs du films assurent eux-même la « promotion » de l’appel à souscription, le discours marketing est bien pensé, la présentation est fluide, agréable à écouter et à regarder. Bémol : je n’ai pas trouvé sur le site s’il était possible, hors Canada, de télécharger le film depuis le site si la livraison était assurée hors Canada.

Je regrette que la vidéo sur la page d’accueil soit très orientée sur la promo du film (prévente et goodies »trade fare« ) et mois axée sur le scénario et l’aspect artistique. J’apprécie beaucoup l’idée du blog et de pouvoir suivre pas à pas la réalisation du film. Même si le discours reste très mercatique – et pour cause le film est financé à 100% par des fonds privés – on sent une réelle volonté de la production à promouvoir ce nouvel écosystème numérique (je n’aime pas le terme évangélisation) et les nouveaux modes de diffusion en streaming ou en téléchargement. On arrive peu à peu à ce que tout citoyen puisse lui-même devenir acteur (économique) du film, tout en ayant conscience de la complexité et les enjeux financiers d’un film, même à petit budget.

Il ne faut pas se voiler la face, culture et économie sont liées. L’essentiel étant que la création puisse toujours être appréciée et diffusée pour tous.

Pour en savoir plus :
A 5000 KM de Jerome, le site

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