ou l’art du politiquement correct
Cette réflexion de mon interlocuteur américain m’a choquée.
D’une part parce qu’on évite en France d’employer des termes racialistes dans le monde du marketing. On préfère employer des termes plus parlant du genre « les zyvas* », les « blaireaux* » ou les « groseilles* » les « prout-prout de luxe* ».
D’autre part, c’est l’emploi d’un terme racial pour désigner une cible qui m’a choqué de façon plus personnelle.
Dans le brief, pour illustrer la promo d’un concours en ligne, on m’avait demandé de rechercher une personne jeune qui avait l’air de s’éclater en jouant à la console.
J’en ai trouvé une de photo. Et je ne comprenais pas pourquoi elle ne convenait pas à une cible irlandaise ou australienne, je demande clairement pourquoi et mon interlocuteur de répondre :
I just was wondering how it would relate to the audiences in Australia and Ireland overall
Voila, j’ai compris. Quelle conne. Mon beau roi de la Xbox est Noir est ça qui a l’air de déranger. Mon interlocuteur veut un caucasien. En langage politiquement correct américain (ou racialiste au choix), cela signifie qu’il cherche à cibler les américains à peau claire. Ce qui permet d’écarter les hispaniques, les noirs et tous les autres êtres humains. Les chats aussi.
La pub lave plus blanc que blanc. Trop blanc. Et ça je l’avais oublié…
* termes réellement employés en milieu professionnel
7 novembre 2006
par bart
Stefie,
Il faut quand même reconnaitre que l’Irlande et l’Australie sont beaucoup moins multiraciales que les USA ou la France. Je pense donc qu’en l’occurence il s’agit + de rester dans la majorité que vraiment de quelquechose de raciste. Ca serait plus choquant si c’était pour le marché français.
Cela dit même en Asie j’ai l’impression que le brief serait "an asian male that looks like a caucasian male that looks happy". Le caucasian a la cote en ce moment :)
7 novembre 2006
par giz404
les "groseilles*" les "prout-prout de luxe*" —> ça fait référence à quoi ?
7 novembre 2006
par Stefie
Les « groseilles » c’est en référence au film La vie est un long fleuve tranquille. La famille Groseille est une sorte de stéréotype du beauf vulgaire mangeur de patate. Pour te parler pub/média, c’est un peu la cible du supermarchés Auchan, de TF1 ou de Femme Actuelle. On pourrait les classifier en CSP – (Catégorie Socio-Professionnelle à revenus inférieurs).
Les « prout-prout de luxe » en gros, ce sont des CSP++ (Catégorie Socio-Professionnelle à revenus supérieurs). On pourrrait dire qu’ils sont le coeur de cible des marques de luxe (ceux qui en achètent vraiment). C’est la cible privilégiée des créateurs tels que Kenzo ou Marie & François Gibaud, en magazine on retrouve Madame Le Figaro.
En gros pour ces deux cibles si dois leur vendre un choux-fleur, la conception sera totalement différente :
– l’accroche sera différente,
– le discours marketing (ex: le choux fleur à 0,99 € pour les « Groseilles » et le choux-fleur Bio, en provenance de L’ile de Quernec, nouvelle star des régimes hyperhypocaloriques pour les « Prout-Prout » à 5 € la pièce :-)
– la présentation du produit,
– le choix des couleurs,
– la typo,
– la mise en page…
7 novembre 2006
par bart
C’est à force de manger des choux fleurs qu’on devient prout prout ?? :)